L’AMBASSADE DES USA A BUJUMBURA: LA MACHINATION QUI RISQUE DE METTRE EN PERIL LES RELATIONS DIPLOMATIQUES BURUNDI-ETATS UNIS
Bujumbura, le 27/08/2012 (www.nyabusorongo.org). -On l’avait toujours soupçonné et maintenant on en a la certitude: l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Bujumbura vient de poser un geste inamicale contre le Burundi, qui pourtant est considéré comme grand partenaire du pays de l’Oncle Sam, ne fut-ce que par la présence des troupes burundaises en Samalie.
En effet, l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Bujumbura a établi une liste « noire » sur laquelle figurent des hauts gradés de l’armée burundaise, de la police nationale et du service national de renseignement (SNR) avec une mention d’interdiction de visa d’entrée et de séjour aux USA, y compris au siège des Nations Unies à New York.
Signalons en passant que le siège des Nations Unies, bien qu’il soit sur le sol américain, est une zone internationale qui ne devrait pas être touchée par ce genre d’interdiction. Toutes les délégations des pays membres y ont droit.
Pour justifier son action, l’ambassade prétend disposer des informations accablantes contre certains hauts gradés de la police et de l’armée, et même du Service National de Renseignement (SNR). Les autorités de l’ambassade prétendent avoir obtenu ces informations de par certains leaders de la société civile, de l’opposition extraparlementaire et par d’anciens militaires aujourd’hui employés par l’Ambassade des Etats-Unis au Burundi.
Les investigations de Nyabusorongo ont toutefois établi, hors de tout doute, qu’une grande partie de ce montage d’informations mensongères que l’Ambassade compte utiliser contre ces hauts gradés des corps de défense et de sécurité ci-haut visés sont « fabriquées » par un employé de l’Ambassade des Etats Unis et dans les locaux de cette même Ambassade, en utilisant les boites électroniques « piratés » de ces mêmes autorités burundaises et hauts gradés de la Police, de l’Armée et du SNR.
Les appréhensions de Nyabusorongo sont aujourd’hui corroborées par un document classé Top Secret datée du 2 juillet 2012 et référencé « STATE 030541 (classified by *CDA […] for reasons 1.4 (b) (c) », dans lequel l’auteur précise que l’Ambassade a mis la main sur les adresses email et les mots de passe des autorités burundaises et de plusieurs haut gradés de l’armée et de la police. C’est ainsi que des messages sont envoyés à partir de ces adresses par un agent de l’Ambassade des Etats-Unis à Bujumbura et ce sont ces messages que l’Ambassade présente comme éléments de preuve contre certains individus dont certains sont déjà placés sur la fameuse liste noire.
Rappelons que de tels actes sont en violation flagrante des Conventions de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques.
Sur le plan du droit aussi, et partant du principe universellement reconnu de présomption d’innocence, les USA ne peuvent pas se permettre de monter des dossiers de condamnation contre des personnes qui n’ont même pas encore été appréhendées par aucune juridiction, même pas burundaise, encore moins internationale.
Il est incompréhensible comment les USA peuvent refuser des visas aux personnes visées par ledit document sous prétexte qu’ils sont coupables de tels ou tels crimes, alors que même le président cubain de l’époque, Iranien ou l’ancien « guide » libyen, pourtant jugés hostiles aux USA ont toujours eu des visas d’entrée. C’est donc ici montrer que le but visé par cette machination est à chercher ailleurs.
Le vrai motif se trouve ailleurs
Apparemment, les succès des forces burundaises en Somalie inquiètent les Etats-Unis qui craignent que le Burundi ne devienne une puissance militaire dans la région. Le plan américain prévoit que dès que la Somalie est stabilisée, les forces burundaises seront priées de déguerpir avec un alibi que les USA ne sont plus à mesure de financer les opérations et fournir l’assistance militaire et financière.
Pour les Post Officers, il faut tout faire pour diviser l’armée et la police pour pouvoir imploser le pouvoir en place, jugé trop fort car trop proche du peuple et de la majorité populaire. Or, par principe, les Américains traitent généralement avec des pouvoirs issus « des démocraties minoritaires ». C’est sur ce principe que les USA soutiennent le pouvoir au Rwanda, dirigée par la minorité tutsi dont sont issues la quasi-totalité des dirigeants rwandais dont à la tête le Président Paul KAGAME. Or, dans le cas du Burundi, ils sont conscients que le pouvoir CNDD-FDD est encore là même pour d’autres mandats futurs. Faute de l’évincer, la stratégie consiste à trouver des moyens pour l’affaiblir par tous les moyens possibles, notamment en créant une sorte de gouvernement parallèle connu de plus en plus sous le vocable de « société civile ». L’affaiblissement de ces corps de défense et de sécurité est donc un autre moyen d’affaiblir le pouvoir CNDD-FDD par la neutralisation de ses éléments d’avant-garde, jugés trop proches du pouvoir car issus de l’ancienne rébellion CNDD-FDD.
Pourtant, le document en question reconnaît que les corps de l’armée, de la police et le SNR ont bien collaboré avec l’Attaché Militaire à l’Ambassade des Etats-Unis en Somalie pour combattre les terroristes et sur les matériels potentiellement radioactifs saisis par le SNR burundais. Sans oublier que les troupes burundaises en Somalie sont, en réalité, entrain de « faire la job » (pour ne pas dire mourir…) pour les Américains, puisque ce sont les Américains qui, en dernier ressort, en tirent tous les dividendes. Cela n’empêche pas que la majorité de ceux qui ont collaboré avec les Américains sont ceux-là mêmes qui sont placés sur la fameuse liste noire avec un interdit formel de voyager aux USA.
L’élément le plus troublant est que tous ces éléments ciblés par l’Ambassade des Etats-Unis sont tous de l’ethnie hutu et on se demande s’il s’agit d’un pure hasard ou d’une action délibérée.
A voir le message transmettant ce dossier au Département d’Etat et aux Agences de voyage américaines, le document a des allures de ballon d’essai : […there are so many cables, first let us start with this one to see how it goes. Best].
Le lecteur comprendra que le Burundi devrait s’attendre à d’autres actions hostiles de la part de "l’aigle noir" des USA.
Enquête réalisée par KAGIYE Evelyne et NDIMURWIMO Fabien
